mardi 25 novembre 2008

Salvador y Juan

Il fait déjà chaud ce matin de mai 1931, lorsque m'évadant devant la Segreda Familia, je m'aperçois de mon retard. Mon visiteur doit déjà m'attendre à la gare. Je hèle la première traction qui passe et je m'envole dans un soupir de poussière. Enfin à bout d'oeil, Salvador, dans son costume sombre, ses moustaches aériennes comme deux petites ailes. Je l'ai rencontré 2 ans auparavant dans un café littéraire de Paris. Il me fixe de ses deux yeux inquisiteurs. Saurais-je retrouver la clé vers son labyrinthe tortueux? Son univers mou m'a toujours fascinée. On dit Salvador très fatigué et tourmenté. Il m'annonce qu'il vient de recevoir une invitation de New-York pour un exposition personnelle l'an prochain. C'est pour lui la consécration suprême et son imagination quant à ce qu'il veux montrer se déverse. Puis, nous discutons de ce qui l'inspire : les femmes, le sexe, le temps qui passe. Je lui parle de mes patouilles, de mes recherches. Il me dit de suivre mon intuition profonde, de ne penser qu'à moi, de négliger la crétinerie du monde qui nous entoure. Que seul compte ce que j'ai dans mes tripes. Ne pas trop penser, juste créer. Il appelle cela le mysticisme. Je fixe ces paroles dans mon esprit comme un idéal à atteindre.

Il est 14h00 et la chaleur étouffante de Barcelona évanouit les derniers passants qui rejoignent leurs demeures. Salvador me demande s'il peux aller faire une sieste dans ma chambre d'hôtel et s'évanouit à son tour dans ses rêves...

Je rejoins Juan vers 16h00 sur Las Ramblas. Juan c'est toute la joie et la chaleur de l'Espagne. Il a trouvé quelques fleurs sauvages qu'il m'offre avec malice en me proposant une ballade sur le front de mer. J'accepte volontiers, charmée par ces premières minutes de légèreté. Il me parle de son envie de venir revivre ici dans cette ville qui l'inspire tant. Les couleurs, l'architecture, la mer. Quelques barques de pêcheurs barrent l'horizon. Le lieu est sauvage et nous nous asseyons sur la couverture qu'il a amenée. Il est intarissable sur les nuances de bleus qui s'étendent devant nous estimant que nous passons de moins en moins de temps à contempler la nature. Puis la conversation dévie sur les relations hommes-femmes. Notre complémentarité, nos différences, l'amour ses grands bonheurs et ses difficultés. Les femmes s'expriment sous toutes leurs formes dans ses poésies picturales.

Nous regarderons tendrement les couleurs changeantes du soleil avant de revenir à la ville. Juan me fait découvrir sa taverne préférée, celle qui fait la meilleure tortilla de la ville. L'homme entre-ouvre la porte de son monde intime et le dîner est placé sous le signe de la complicité.
Des petites bulles d'instants magiques aèrent mes souvenirs tandis que Juan me raccompagne à mon hôtel sous la nuit étoilée.

Un dernier tour de ronde avant l'arrivée de l'hiver. Je joue avec Françoise à ma gauche et Béné à ma droite.

17 commentaires:

melusine64 a dit…

C'est toujours un grand plaisir de venir dans ton petit chez toi pour admirer et lire ce que tu nous fais partager !!!!!
Bisounours
Isa

lunaplume-d-oiseau.overblog.com a dit…

wouhaaa Lise...merci de partager tout ça avec nous !!! j'aime beaucoup le montage et ta façon de nous raconter cette histoire...
je vais rechercher dans mes vieilles boites à photos celle où l'on me voit tendre une montre molle à Dali...

Francoise a dit…

wow j'adore miro !!! il me fascine !!!
merci lise de me le rappeler...

paisible a dit…

moi aussi j'adore Miro, les formes, les couleurs, cette vie ! juste en quelques traits c'est fabuleux, comme ton histoire, c'est bien de venir rêver chez toi, avec toi ...merci Lise

Lili a dit…

La veinarde!!!!!J'adore ces artistes!!!Merci pour le partage!!
Bises
Lili

cécile a dit…

On est tous fou de ....Mr Dali!!!
Merci pour ces moments dans ton monde!

christiane83 a dit…

OUHHHHHHHHHHHhh LA LA que c'est joli ce que tu racontes, j'y suis, je me régale de tout, tout y est, c'est vraiment génial, bizzzz de Cricri

tchou a dit…

toujours un bonheur de venir en visite chez toi!! miro!! j'adore et en plus il est lié pour moi à des souvenirs très beaux et doux! merci

rafy a dit…

c'est un plaisir de te lire chaque mardi...merci !!!

pat a dit…

L'espagne, le soleil, l'ombre, Dali et Miro, belle balade sensuelle colorée et créative que tu nous offres là...Et l'oeil.......j'adore!!!!
Merci à toi pour ce partage tout au long de cette ronde et à très bientôt
Pat

Anonyme a dit…

Une bonne balade aux couleurs espagnoles... et décidement salvador aura été à l'honneur sur cette ronde!
bizz de gavroche!http://lagaleriedegavroche.over-blog.com

A VOS COULEURS a dit…

Je me suis laissée emportée par ton récit...

Clindoeil de Chamblon a dit…

Que c'est bon de découvrir tes petites boules magiques !

A chaque fois des émotions partagées !

Bisous

aligali a dit…

super journée que tu nous offres...

MinnieM a dit…

Avant l'arrivée de l'hiver comme tu dis, tu nous réchauffes le coeur !!!
bizzz

flamenco a dit…

merci Lise.
Salvador y Juan (c'est ainsi qu'on le prénomme en Castille)... quel choix merveilleux et ta façon de nous les raconter est un pur moment de poésie... j'y étais avec vous sur las ramblas face à la mer et son infinité de bleus.....

Laurence de b. a dit…

Rien que de lire tes textes on change d'univers, on passe de la grisaille à la couleur, du roman de gare à la pure poésie.
C'est toujours un vrai bonheur de venir se promener sur ton blog
bisous